Biosolutions en Champagne : des outils au service d'une viticulture durable

Publié le 30 avril 2026

Biosolutions en Champagne : des outils au service d'une viticulture durable

Rencontre avec François BENNE, Directeur Marketing de De Sangosse France

Qui est De Sangosse ?

Le groupe De Sangosse (DSG) est un acteur international de référence des biosolutions agricoles, leader sur le marché français. Fondé en 1926, le groupe a développé son activité à l'international dès la fin des années 1980, avant d'implanter ses premières filiales à l'étranger à partir de 1990. Aujourd'hui présent dans 70 pays au travers de ses 1450 collaborateurs, 44 filiales et 28 sites de production, le groupe développe et déploie des technologies innovantes en protection et nutrition des cultures, biocontrôle, adjuvants et outils d’aide à la décision, au service de toutes les agricultures.

Sa mission est d’accompagner la transformation des filières agricoles en proposant des solutions performantes qui nourrissent, stimulent et protègent les cultures, pour une triple performance économique, environnementale et sociale.

Majoritairement détenu par ses salariés, DE SANGOSSE est un groupe indépendant, engagé dans une vision de long terme : porter une vision d’agriculture positive, durable et moderne, qui répond aux enjeux alimentaires, climatiques, sociétaux et réglementaires à l’échelle mondiale.

Une transition devenue incontournable

La viticulture champenoise est aujourd'hui à un tournant. Face aux exigences croissantes des consommateurs, aux cahiers des charges des maisons de Champagne et aux impératifs environnementaux, les biosolutions s'imposent progressivement comme des outils essentiels dans l'arsenal des viticulteurs. François BENNE, Directeur Marketing de De Sangosse France, nous explique pourquoi.

« Les biosolutions englobent un ensemble de technologies », rappelle-t-il d'emblée. On distingue principalement le biocontrôle, qui vise à lutter contre les bioagresseurs — principalement maladies et ravageurs — et les biostimulants, davantage orientés vers la santé et la vitalité de la plante.

L'objectif premier de ces solutions : réduire le recours à la chimie conventionnelle. « Il y a une attente forte de la société pour moins de chimie, souligne François BENNE. Les biosolutions sont un des outils qui permettent de répondre à cette demande. » Une réalité que confirment les chiffres : selon les derniers panels disponibles, la moitié des traitements réalisés en vigne en France l'an passé faisaient appel à des produits de biocontrôle. Un chiffre éloquent qui témoigne de l'ancrage progressif de ces pratiques.

Le vignoble champenois : des contraintes qui deviennent des opportunités

La Champagne présente des spécificités qui rendent la protection de la vigne particulièrement exigeante. Mildiou, oïdium, botrytis, vers de la grappe… la pression des bioagresseurs y est forte, accentuée par un climat humide propice aux maladies fongiques. Pourtant, pour François BENNE, ces contraintes sont avant tout des opportunités d’innovations.

« Le vignoble champenois est bien structuré, avec un maillage d'experts et d'organisations qui facilite le déploiement de nouvelles solutions », explique-t-il. Cette structuration de la filière est un atout considérable : dès lors qu'une solution fait ses preuves techniquement, elle peut se diffuser rapidement.

L'exemple de la confusion sexuelle contre les vers de la grappe en est l'illustration parfaite. Cette méthode consiste à diffuser, via les diffuseurs installés dans les parcelles (deux à trois par hectare), des substances qui imitent les phéromones femelles des papillons ravageurs. Les mâles, incapables de retrouver les femelles, ne s'accouplent pas, ce qui réduit drastiquement les pontes et les dégâts sur les raisins. « C'est une technologie très spécifique, sans aucun effet sur les autres insectes ni sur les pollinisateurs, précise François BENNE. Et grâce à l'organisation du vignoble champenois, ce déploiement s'est fait très rapidement. Aujourd'hui, plus de la moitié des hectares de Champagne utilisent cette méthode de lutte. »

Lutter contre les maladies sans créer de résistance

Face au mildiou, à l'oïdium ou au botrytis, les biosolutions offrent un avantage souvent méconnu : l'absence de résistance. Contrairement aux molécules chimiques classiques, qui peuvent perdre leur efficacité face à des champignons devenus résistants, les produits de biocontrôle agissent selon des modes d'action variés qui ne favorisent pas ce phénomène.

« Avec la chimie conventionnelle, on était dans une logique curative : j'ai un problème, j'applique un produit. Avec les biosolutions, on adopte une approche plus systémique », explique François BENNE. L'idée est de mettre la plante dans les meilleures conditions possibles en amont. Par exemple, le phosphonate de potassium stimule les défenses de la vigne tout en luttant contre le mildiou, et permet d’adapter les doses de produits conventionnels associés.

Cette approche globale contribue à pérenniser la lutte dans le temps, en maintenant des solutions efficaces et disponibles sur le long terme pour les viticulteurs.

Accompagner la filière dans sa transition

Faire évoluer les pratiques à l'échelle d'une filière entière ne se décrète pas. Cela demande du temps, de la pédagogie et un accompagnement de terrain. Chez De Sangosse, plusieurs leviers sont activés en parallèle.

D'abord, la démonstration technique : montrer concrètement que les solutions fonctionnent, dans des conditions réelles. L'entreprise met en place des « fermes biosolutions », des exploitations pilotes où sont testés des itinéraires techniques complets. « On va jusqu'au bout pour montrer que ces approches sont aussi très rentables pour le viticulteur », insiste François BENNE. Car la viabilité économique est un prérequis non négociable : si une biosolution n'est pas compétitive en termes de coût, elle ne sera tout simplement pas adoptée.

Ensuite, la formation et l'expertise locale. Des équipes spécialisées accompagnent les viticulteurs et les distributeurs au quotidien. En Champagne, une équipe spécialisée de De Sangosse assure ce suivi de proximité.

La dimension RSE joue également un rôle croissant. Les grandes maisons de Champagne intègrent de plus en plus l'origine et la nature des produits utilisés dans leurs critères d'approvisionnement. De Sangosse, entreprise française, y répond naturellement. « On est de plus en plus sollicités, et je pense qu'il y a une vraie démarche sincère d'amélioration, pas seulement de l'affichage », observe François BENNE. Les établissements bancaires eux-mêmes commencent à conditionner certains financements à un verdissement des pratiques agricoles.

Un avenir porteur pour les jeunes générations

Si la viticulture traverse une période de mutation parfois déstabilisante, François BENNE préfère y voir un formidable champ des possibles. « On est dans une phase de transition vers de nouveaux modèles, et c'est hyper enthousiasmant, dit-il. Il y a des nouvelles pratiques qui se mettent en place, de nouvelles consommations, une recherche dynamique… »

Numérique, génétique, nouveaux outils agronomiques, biosolutions innovantes : les leviers qui s'offrent aux vignerons de demain sont nombreux. « Pour les jeunes qui arrivent, il y aura tout à construire avec des approches nouvelles. C'est vraiment porteur pour ceux qui sont prêts à construire ces changements. »

Un message d'espoir, et une invitation à embrasser la transition plutôt qu'à la subir.